Classement GQ des 30 avocats les plus influents de France
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en droit pénal

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Classement 2019 des 30 avocats les plus influents de France du magazine GQ

En 2010 le magazine GQ décidait d’établir un classement des « 30 avocats les plus puissants de France ». Forcément subjectif, relatif, incomplet, ce qui aurait pu être une fantaisie passagère s’est inscrit dans la durée en même temps que dans le paysage du microcosme judiciaire français, pour devenir en dix ans une véritable référence. L’auteur de ce classement, le journaliste Thierry LEVEQUE, fin connaisseur de ce milieu et des affaires marquantes de notre temps[1], a fait le choix de distinguer, aux côtés de grands cabinets parisiens incontournables en matière pénale, des avocats ayant été capables au cours de l’année de s’engager avec abnégation, de se mettre en danger, de surmonter une adversité quelque peu hors norme pour, finalement, faire entendre leur voix et modifier ce qui devait être l’ordre établi des choses - l’adjectif « puissants » mériterait sans doute d’être plus justement remplacé par « influents », puisque c’est en réalité de cela qu’il s’agit.

Les quelques lignes qui présentent la trentaine d’avocats distingués en 2019 disent assez bien la philosophie du projet :

« Au moment où les mouvements politiques autoritaires, haineux ou dictatoriaux embrasent le Vieux Continent, la triade républicaine forgée il y a deux siècles (« Liberté, Égalité, Fraternité. ») retrouve une brûlante jeunesse. En France, les trois mots font office de bréviaire pour tous les vrais serviteurs du droit républicain. Les personnes retenues dans ce neuvième palmarès des avocats les plus puissants de France ont été presque unanimes à nous dire à quel point ils sentaient un vent mauvais souffler dans les prétoires. L’avalanche de lois pénales qui ne faiblit pas depuis le début de l’ère terroriste, il y a maintenant presque deux décennies, conduit, disent-ils, à privilégier la sécurité à la liberté. « L’efficacité » devrait primer, laisse-t-on entendre ici et là, sur les principes fondamentaux. Beaucoup de ceux que nous avons choisis se sont levés pour rappeler le pays au bon souvenir des principes de 1789 (…) Tous ceux que nous avons choisis plaident aussi pour une certaine idée de la fraternité. La fraternité républicaine, ont dit les philosophes du XVIIIe siècle, n’est pas une injonction religieuse d’aimer tout le monde, mais l’impératif de toujours se souvenir d’une part commune d’humanité ».

Me Jean BOUDOT a été remarqué par l’auteur de ce classement en 2019 pour son implication, aux côtés de ses confrères, dans l’affaire du Cardinal BARBARIN, notamment pour avoir osé citer directement le plus haut dignitaire de l’église catholique en France devant la juridiction correctionnelle de LYON et avoir obtenu sa condamnation en première instance à huit mois de prison avec sursis pour non dénonciation de violences sexuelles sur mineurs - manifestement contre toute attente en raison, notamment, de l’opposition vigoureuse du Procureur de la République de LYON à cette poursuite, mais aussi des difficultés juridiques que soulevait cette affaire.

C’est ainsi que, pour la première fois, un avocat du sud de la France était distingué dans ce classement, au travers de ces quelques lignes :

« 27. Jean Boudot - 46 ans - le technicien

Ce Lyonnais, qui a des cabinets à Marseille et à Paris, a été la cheville ouvrière, en partie civile, de l’affaire de non-­dénonciation de pédophilie reprochée au cardinal Barbarin. Celle-ci a abouti à la condamnation du premier personnage de l’Église catholique, car à l’audience, où il a accusé le prélat de « mentir », ses questions ont porté, comme au procès du scandale des prothèses mammaires PIP en 2013. Il a développé avec Elsa Loizzo et Rudy Romero une équipe spécialisée dans les affaires militaires : accidents, harcèlement, secret-défense… Il enseigne aussi à l’École de la magistrature et préside l’École des avocats du Sud-Est.

Fait d’armes : la citation directe rédigée dans l’affaire Barbarin a étendu le débat sur l’extension du délit de « non-dénonciation » de faits sexuels ».


[1] « Ancien journaliste à l'agence Reuters, est accrédité au Palais de justice de Paris depuis de nombreuses années où il a suivi les grands procès criminels des années 1990 et 2000, de Carlos à Guy Georges, de Fourniret au sang contaminé en passant par les affaires de la mairie de Paris, les dossiers Elf ou Clearstream »